Les coureurs de la 75e Vuelta ont dans leur grande majorité rejoint le Pays Basque et ont débuté leur séjour par un passage obligatoire au laboratoire mobile anti-covid installé à Irun. Au programme, un test PCR qui leur permet d’intégrer en toute tranquillité la « burbuja carrera », la bulle qui les protégera de la circulation du virus jusqu’à l’arrivée finale à Madrid.
Naturellement au rendez-vous de cette visite médicale, les coureurs de Movistar se préparent à vivre l’une de leurs échéances majeures de l’année. Ils formeront le groupe le plus expérimenté du peloton sur l’épreuve, avec Alejandro Valverde, Enric Mas et Marc Soler en têtes d’affiche.
À l’opposé, plus d’un tiers du peloton sera composé de nouveaux venus sur la Vuelta, dont des candidats aux honneurs comme Guillaume Martin, Aleksandr Vlasov ou dans un autre registre Jasper Philipsen.
TESTS COVID-19 : L’ETAPE ZERO DE LA VUELTA
Les coureurs du peloton mondial ont pris cette étrange habitude depuis la reprise des compétitions au mois d’août. Chaque course est maintenant précédée d’une séance d’inspection nasale au goupillon, qui a été pratiquée pour une première partie des coureurs cet après-midi dans le palais des expositions d’Irun. La cellule médicale Covid-19 y est installée dans un camion de 14 mètres de long, avec 18 professionnels de santé dédiés aux analyses, capables de procéder à 750 tests PCR par jour. « C’est notre nouvelle routine, raconte le coureur Sunweb Jasha Sütterlin. Le plus important, c’est aussi que chacun fasse très attention et dans ce cas nous serons en sécurité durant toute la Vuelta ». On entend le même son de cloche du côté d’Ivan Sosa, « confiant dans le protocole mis en place. Nous garantirons tous la santé de chacun en étant très vigilants pendant la course et en dehors ». De son côté, le coureur de Bora Michael Schwarzmann voit aussi les conséquences sur la stratégie sportive qu’implique le risque du Covid-19 : « cela affecte la manière de courir, on se comporte comme si chaque jours pouvait être le dernier de la compétition ! »
MOVISTAR : EN VOISINS ET À DOMICILE
L’unique formation espagnole enregistrée dans l’élite attire systématiquement tous les regards au moment de se diriger vers le départ de la Vuelta. C’est encore plus palpable cette année, le départ étant donné au Pays Basque, à environ une heure de route de sa base historique en Navarre, dans la vallée d’Egües. Avec 63 étapes remportées dans son histoire sur la Vuelta et 4 succès au classement général final par Pedro Delgado (1989), Abraham Olano (1998), Alejandro Valverde (2009) et Nairo Quintana (2016), l’équipe d’Eusebio Unzue écrase les statistiques. Dans l’actualité immédiate, son effectif pour l’édition 2020 se démarque surtout comme le plus expérimenté du peloton. Ses huit coureurs totalisent 44 participations au grand tour espagnol et 16 victoires d’étapes, aucun d’entre eux ne s’étant présenté moins de deux fois au départ. La contribution la plus impressionnante revient bien entendu à Alejandro Valverde, doyen du peloton et présent pour la 14e fois de sa carrière. Cette année, les chances de succès reposent également pour le classement général sur Enric Mas (2e en 2018) et Marc Soler (9e en 2019). La connaissance collective de l’épreuve et l’appui massif de leurs supporteurs s’ajoutent à leurs qualités athlétiques. À suivre…
DES DÉBUTANTS À L’HONNEUR
La liste des engagés de la Vuelta accueille cette année 64 débutants, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne des dix dernières années (62,6). Parmi eux, quelques-uns sont en mesure de crever l’écran et même de jouer un rôle décisif sur la course. C’est le cas de Guillaume Martin, 11e du dernier Tour de France et qui découvre la Vuelta avec la responsabilité de leader chez Cofidis. Le jeune Russe Aleksandr Vlasov, fait quant à lui partie des révélations de l’année et se présente comme un sérieux candidat au maillot blanc, tout comme David Gaudu selon le rôle qu’il aura à tenir auprès de Thibaut Pinot. Côté espagnol, le représentant d’une nouvelle génération, Juan Pedro López, fera son entrée en scène sur un grand tour et tentera de convaincre au sein de la formation Trek-Segafredo, tandis que le Colombien Ivan Sosa aura peut-être une carte à jouer chez Ineos en marge des intérêts de Chris Froome et Richard Carapaz. Chez les sprinteurs, c’est en direction de Jasper Philipsen, 22 ans, qu’il faudra tourner son regard pour chercher de nouveaux visages. Au total, 46 de ces nouveaux venus seront également inscrits dans le classement des jeunes, impliquant 59 coureurs de 25 ans ou moins.
LES INVITÉS, EN MODE CONQUÉRANTS
Trois équipes ont reçu des invitations pour la Vuelta, dont deux formations espagnoles qui ont comme enjeu de briller sur leurs terres comme elles l’ont fait à des rythmes différents dans leurs histoires respectives. Caja Rural-Seguros RGA s’est imposée sur une étape avec Antonio Piedra en 2012, puis a remporté les maillots de la montagne avec Luis Leon Sanchez (2014) et Omar Fraile (2015), mais a buté à trois reprises sur des victoires d’étapes l’an passé. A sa 9e participation, elle compte sur ses baroudeurs et sur son sprinteur Jon Aberasturi pour aller chercher un nouveau bouquet. Burgos BH a en revanche réussi à s’imposer en 2019 avec Angel Madrazo, qui a aussi porté le maillot à pois pendant 14 jours. Interrogé par lavuelta.com, le directeur sportif Ruben Perez « espère égaler ce que nous avons fait l’an dernier, ce qui signifie déjà placer la barre très haut ». Enfin, Total Direct Energie participe à sa 10e Vuelta, et son directeur sportif Lylian Lebreton emmène un groupe de chasseurs d’étapes, « avec des garçons comme Jonathan Hivert ou Julien Simon qui ont déjà gagné sur les routes espagnoles et à qui il manque une victoire sur un grand tour. Ce sera aussi le retour de Niki Terpstra sur une course de trois semaines, il est très motivé ».
ISRAEL START UP NATION, SUR SON ÉLAN
C’est une première pour Israel Start Up Nation, qui a fait son entrée cette saison parmi l’élite et se présente maintenant pour le seul grand tour auquel elle n’a pas encore participé. Après avoir ouvert son compteur au plus haut niveau sur le front italien grâce à Alex Dowsett, qui s’est imposé il y a quelques jours à Vieste dans la 8e étape, la formation israélienne avance avec appétit vers la Vuelta avec Dan Martin comme leader. L’effectif particulièrement cosmopolite compte 7 nationalités différentes mais ne comprend pas de coureur espagnol. En revanche, le directeur sportif Oscar Guerrero vit une sorte de consécration puisqu’il participe lui aussi à sa première Vuelta : « J’ai été directeur sportif de Caja Rural pendant plusieurs années jusqu’en 2004 mais chez les amateurs, puis ensuite pour les équipes professionnelles Kaiku, Fuerteventura, Contentpolis-AMPO et Euskaltel-Euskadi. Cette année, nous avons enfin notre place, avec une équipe plutôt équilibrée : un solide leader en montagne, un sprinteur rapide avec Mihkel Räim, et de jeunes coureurs prometteurs qui vont profiter de la Vuelta pour gagner en expérience. Nous sommes surtout très déterminés, et c’est décisif à ce stade de la saison ».

