Les acteurs de La Vuelta 22 sont à Utrecht pour lancer les opérations préliminaires au Grand Départ néerlandais, avec un contre-la-montre vendredi, au lendemain de la présentation des équipes. Jai Hindley et Richard Carapaz ont exprimé leurs ambitions au moment de se livrer de nouvelles batailles pour la victoire finale au cours des trois semaines et demie à venir. Les anciens vainqueurs britanniques Chris Froome (2011, 17) et Simon Yates (2018) ont également évoqué leur relation avec le Grand Tour espagnol avant de s’élancer à nouveau, dans deux jours.
La Vuelta s’installe à Utrecht
À deux jours du Grand Départ de La Vuelta 2022, célébré aux Pays-Bas avec trois jours de course autour d’Utrecht, la bourgmestre Sharon Dijksma et le directeur général de l’événement Javier Guillén ont inauguré la permanence et la salle de presse au centre d’exposition Jaarbeurs. “C’est le cerveau, le centre de nos activités, où 2.000 personnes sont attendues jusqu’à samedi pour s’accréditer sur l’épreuve tandis que les équipes viennent pour les dernières réunions d’avant-course et pour les tests antigéniques obligatoires”, a expliqué Javier Guillén. “Je veux remercier les organisateurs de La Vuelta pour ce départ à Utrecht”, a salué Sharon Dijksma. “C’est le troisième Grand Tour qui part d’Utrecht, après le Giro et le Tour, ce qui est inédit. Nous sommes fiers de faire partie de la famille de La Vuelta.” Les célébrations montent en intensité jeudi, avec la présentation des équipes, qui se déroule sur la place Vredenburg à partir de 18h10 et est diffusée dans 190 pays, avant que les 184 coureurs parcourent la ville vendredi lors d’un contre-la-montre par équipe (23,3km).
Hindley: "On va la jouer comme sur le Giro"
Déjà auteur de performances historiques cette saison en signant la première victoire australienne au classement général du Giro, Jai Hindley se présente au départ de La Vuelta escorté par une solide équipe Bora-Hansgrohe qui renforce sa confiance. “Je pense qu’on va la jouer comme sur le Giro”, a expliqué le grimpeur, accompagné notamment de Wilco Kelderman et Sergio Higuita. “On vient avec trois bons coureurs pour la lutte pour le général et on va laisser la route décider. Personne dans l’équipe n’a un ego de malade. Si je perds du temps la première semaine, je donnerai tout pour les gars qui sont toujours dans le coup et je sais que l’inverse sera vrai également. Ce serait spécial de prendre deux Grands Tours la même année, j’espère qu’on pourra le faire, mais les trois semaines vont être longues. On verra ce qui se passe.” Le premier Australien à finir dans le top 10 de La Vuelta était Gary Clively, en 1977. 32 ans plus tard, Cadel Evans était monté sur le podium à Madrid (3e en 2009) et Jack Haig l’a imité l’an dernier à Saint-Jacques-de-Compostelle (3e également). Mais aucun coureur venu du Down Under n’a encore remporté le Grand Tour espagnol.
Carapaz : "Essayer de gagner"
Le champion olympique Richard Carapaz s’avance avec ambition vers sa cinquième participation à La Vuelta, le Grand Tour qu'il connaît le mieux, et où il est très attendu après sa deuxième place sur le Giro. "Je suis heureux de participer à La Vuelta une année de plus et de venir ici pour essayer de gagner, ce qui est notre objectif", a expliqué l'Équatorien, à la tête de l’équipe Ineos Grenadiers. "J'ai préparé La Vuelta de la meilleure des manières, je suis déjà monté sur le podium et j'espère le refaire. Remonter sur le podium du Giro était très spécial et je pense que j'ai assez de motivation pour le faire aussi sur La Vuelta. Nous avons fait une très bonne préparation le mois dernier et cette course est un objectif important depuis le début de la saison." Deuxième de l'édition 2020 après une intense bataille avec Primož Roglič, Carapaz sera accompagné de coureurs tels que Pavel Sivakov, Tao Geoghegan-Hart ou le jeune Carlos Rodríguez, grand espoir du cyclisme espagnol. "L'équipe se concentre sur Richard en tant que leader, il est le coureur avec les meilleurs résultats au sein de l'équipe et nous lui faisons confiance, puis Tao, Pavel et moi sommes en bonne forme pour le soutenir de toutes les manières possibles et, si possible, obtenir un bon résultat", affirme Rodríguez, qui fera ses débuts dans son Grand Tour national avec le maillot de champion d’Espagne.
Froome-Yates : les anciens vainqueurs britanniques reviennent avec envie sur La Vuelta
Parmi les six vainqueurs de La Vuelta alignés à Utrecht, Chris Froome est le deuxième plus décoré, vainqueur à deux reprises au classement général (2011, 2017). "C'est une course vraiment spéciale pour moi, qui m’a permis de me révéler comme prétendant aux Grands Tours en 2011”, se souvient le coureur d’Israel Premier Tech. “Je ressens un lien étroit avec les fans en Espagne et j'aime aussi le type de défis posé par La Vuelta, avec plus d'arrivées en montée, d'étapes de montagne et de mano a mano entre les meilleurs coureurs que dans les autres Grands Tours." Suite à son abandon pour cause de Covid-19 sur le Tour de France, “je ne sais pas exactement où j'en suis. J’essaierai de viser les grandes étapes de montagne. Mais tout dépend vraiment du déroulement de la première partie.” Autre ancien vainqueur britannique de La Vuelta, en 2018, Simon Yates (BikeExchange-Jayco) espère trouver ses meilleures sensations en Espagne : “Je ne suis pas revenu depuis que j'ai gagné donc c'est super d'être de retour. C'est une course qui me convient. Nous devons sortir de Hollande sans encombre et à partir de là, c'est une Vuelta typique, super dure tous les jours. Il faut toujours être branché, vous n'avez jamais le temps de vous reposer. J'aime ce style de course.”
L’arc-en-ciel sur La Vuelta
Après deux années d’absence, le maillot de champion du monde est de retour sur les routes de La Vuelta, de manière assez exceptionnelle puisque, Français, Julian Alaphilippe n’a pas été sélectionné pour le Tour de France par son équipe Quick Step-Alpha Vinyl. Suite à sa chute de Liège-Bastogne-Liège, il a décalé ses objectifs vers la fin de saison, avec l’ambition clairement affichée de réaliser le triplé, comme avant lui Peter Sagan, sur le circuit australien de Wollongong le 25 septembre. Il entend monter en puissance sur La Vuelta et visera plutôt une victoire d’étape (ou plusieurs) dans la deuxième moitié de la ronde espagnole. Le premier champion du monde à avoir fait briller l’arc-en-ciel sur une arrivée de La Vuelta était également français, Jean Stablinski ayant réglé au sprint un groupe de 13 échappés (dont le futur vainqueur final, son coéquipier Jacques Anquetil) à Lérida au terme de la 10e étape de la 18e édition, le 10 mai 1963. Au total, 24 étapes de La Vuelta ont été remportées par un champion du monde en titre, mais une précision est d’importance : Freddy Maertens, en 1977, en a décroché 13 sur 20, portant le maillot amarillo de leader du classement général du début à la fin. Le Belge est de fait le seul champion du monde en titre vainqueur final de La Vuelta. Les six autres à avoir remporté une ou plusieurs étapes dans l’année suivant l’obtention du titre suprême sont Hennie Kuiper (le 1er mai 1976 à Baza), Giuseppe Saronni (le 28 avril 1983 à Alfajarin et le lendemain à Soria), Oscar Freire (le 29 août 2000 à Cordoue et deux jours plus tard à Albacete), Paolo Bettini (le 3 septembre 2007 à Luarca puis le 4 septembre 2008 à Tolède et sept jours plus tard à Suances), Philippe Gilbert (le 5 septembre 2013 à Tarragone) et Alejandro Valverde (le 30 août 2019 au Mas de la Costa).

