« Tout vient à point à qui sait attendre », dit la maxime. Sa victoire, Tobias Johannessen (Uno-X Mobility) l’a longtemps attendue, mais surtout cherchée. Arrivé sur La Vuelta 26 avec deux podiums d’étapes sur le Tour de France dans les bagages, le Norvégien en avait obtenu deux autres ici ces derniers jours. D’abord en offrant le bouquet à son coéquipier Andreas Leknessund à Aramon Valdelinares, puis en finissant deuxième au Collado del Alguacil, hier. Sa ténacité a enfin été récompensée à Granada, où il a suivi le bon mouvement en s’isolant avec Alessandro Romele (XDS Astana) et Ramses Debruyne (Alpecin-Premier Tech) dans le dernier kilomètre, avant de régler le sprint final. « Tout vient à point à qui sait attendre » s’applique aussi à Enric Mas (Movistar), vainqueur de La Vuelta pour sa huitième participation. Il devient le 64e lauréat de la course, le 25e Espagnol et le premier depuis Alberto Contador en 2014. Wout van Aert (Visma-Lease a Bike) est lui le 13e Belge à remporter le classement par points, en plus d'avoir été élu Supercombatif. Santiago Buitrago (Bahrain Victorious) est le 5e Colombien à conquérir le classement de la montagne. Oscar Onley (Netcompany Ineos) écrit aussi son bout d’histoire en devenant le premier Britannique vainqueur du classement du meilleur jeune.
112 kilomètres séparent le peloton de La Vuelta 26 de l’arche finale de Granada, lieu de départ (Carrefour Granada) et d’arrivée de l’étape du jour. Les coureurs vont rouler dans les environs de la ville avant d’effectuer quatre tours du circuit final, avec une montée de 1,75 kilomètre à 7,5 % de moyenne qui pourrait dynamiter la course. Si les classements distinctifs sont joués, le gain de la dernière étape comporte toujours un prestige particulier, avant une pause d’un an puis le retour de La Vuelta qui démarrera à Saint-Jacques-de-Compostelle à l’été 2027.
Les maillots distinctifs prennent la pose
Qui dit dernière étape dit moment de célébrations. La formation Movistar est la première à y passer avec un maillot spécial rouge et blanc pour célébrer le succès d’Enric Mas, en passe de devenir le 64e vainqueur différent de La Vuelta. Il sera le 25e vainqueur espagnol, succédant à Alberto Contador en 2014. Il s'agira également de la 5e victoire de Movistar après les succès de Pedro Delgado (1989, sous le sponsor Reynolds), Abraham Olano (1998, Banesto), Alejandro Valverde (2009, Caisse d’Épargne) et Nairo Quintana (2016, Movistar).
Wout van Aert (Visma-Lease a Bike) est lui mathématiquement assuré d’être le 13e Belge à remporter le classement par points, le deuxième de ce siècle après Greg Van Avermaet en 2008. Santiago Buitrago (Bahrain Victorious) sera lui le cinquième Colombien à remporter le classement de la montagne après Luis Herrera (1987, 1991), Oscar de Jesus Vargas (1989), Martin Farfan (1990) et Felix Cardenas (2003, 2004). Quant au classement du meilleur jeune, Oscar Onley (Netcompany Ineos) va devenir le premier Britannique à en être lauréat.
Tobias Johannessen enfin récompensé
Le rythme commence à s’accélérer dans le circuit final de Granada, long de 9,8 kilomètres et à boucler à quatre reprises. La première offensive vient du Français Bastien Tronchon (Groupama-FDJ United), vainqueur à Elche de la Sierra, qui accélère à 27 kilomètres de l’arrivée. Ses compatriotes Valentin Paret-Peintre (Soudal Quick-Step), Léo Bisiaux (Decathlon CMA CGM) et Axel Laurance (Netcompany Ineos) l’accompagnent, de même que Finn Fisher-Black (Red Bull-Bora-Hansgrohe), Matthew Brennan (Visma-Lease a Bike), Milan Vader (Pinarello Q36.5), Thibau Nys (Lidl-Trek) et Alessandro Romele (XDS Astana). Ils sont finalement repris à 19 kilomètres du but.
Un groupe de 11 coureurs finit par s’isoler pour se disputer la victoire. Les attaques fusent de toutes parts, venant notamment de Pello Bilbao (Bahrain Victorious) et Axel Laurance, mais personne ne parvient à faire la différence. Ramses Debruyne (Alpecin-Premier Tech) trouve la faille à l’entame du dernier kilomètre, suivi comme son ombre par Alessandro Romele (XDS Astana) et Tobias Johannessen (Uno-X Mobility). L’Italien est censé avoir la meilleure vitesse de pointe, mais le Norvégien attaque en premier et résiste à son retour.
Après avoir obtenu deux podiums d’étapes sur le Tour de France, puis deux autres sur cette Vuelta 26, Johannessen est enfin récompensé de ses efforts. Il décroche sa première victoire sur un Grand Tour. Quelques minutes plus tard, et après que les temps aient été neutralisés à 9,8 kilomètres de l'arrivée (quatrième et dernier tour du circuit final), les maillots distinctifs et hommes du classement général franchissent l'arrivée pour confirmer définitivement les résultats cités précédemment.

