Suivez la Vuelta sur l'app officielle
Je découvre

Enric Mas, la Roja et l'éclat

La Vuelta 2026 | Étape 9 | La Vila Joiosa/ Villajoyosa > Alto de Aitana.Costa Blanca

Enric Mas (Movistar) avait décidé de ne pas endosser la Roja de leader du classement général sur le podium de Xeraco, hier, en signe de respect pour Tadej Pogacar (UAE Emirates XRG) qui venait d’abandonner. L’Espagnol estimait devoir encore conquérir, légitimer, cette tunique. Rien de mieux pour cela que de gagner au sommet de l’Alto de Aitana, au bout des 5 166 mètres de dénivelé positif de la 9e étape. Opposé à tous les favoris candidats du classement général, Enric Mas a pris le meilleur à l’issue d’une bataille spectaculaire, l’emportant devant Oscar Onley (Netcompany Ineos) après s’être défait de Primoz Roglic (Red Bull-Bora-Hansgrohe) et d'un Felix Gall (Decathlon CMA CGM) offensif à plusieurs reprises. Premier espagnol à gagner avec la Roja depuis Alberto Contador en 2014, il conforte sa place de leader du général devant Roglic (+1’18”), Gall (+1’39”) et Onley (+2’20”) qui s’affirment comme ses principaux rivaux. Il renoue aussi avec la victoire huit ans après son premier (et seul jusqu’alors) succès sur le Grand Tour espagnol. Celui-ci fera une pause bien méritée d’une journée avant de reprendre par une 10e étape vallonnée, mardi.

Le Résumé Long - Étape 9 | La Vuelta 26

L’étape-reine de La Vuelta 26 ? C’est en tout cas ce que disent de nombreux coureurs du peloton au départ de La Vila Joiosa, nouvelle ville-étape. Et pour cause : les 5 166 mètres de dénivelé positif à gravir constituent la valeur la plus élevée de cette 81e édition ! Six ascensions répertoriées sont à vaincre pour aller au bout des 187,4 kilomètres, dont l'Alto de Aitana (22 kilomètres à 5,8 %) où sera jugée l'arrivée de cette 9e étape, dix ans après la dernière venue ici en 2016.

Tombé hier, Tadej Pogacar (UAE Emirates XRG) est le premier leader de La Vuelta à abandonner la course depuis Igor Anton en 2010. Son absence change entièrement la donne, ainsi que résumé par Mattias Skjelmose (Lidl-Trek), 7e du classement général : « Cela nous rappelle que tout peut arriver. La course sera complètement différente, très imprévisible, difficile à contrôler, beaucoup plus ouverte. Après aujourd'hui, nous y verrons plus clair quant aux [candidats à la victoire finale]. »

Une échappée, de nombreux contres, finalement 24 à l'avant

Qui dit premiers kilomètres dit premières attaques. Alexey Lutsenko (NSN) fait partie d’un premier groupe rapidement repris, mais le Kazakh insiste et parvient à s’extirper du peloton. Il est rejoint par Pavel Sivakov (UAE Emirates XRG), Andreas Kron (Uno-X Mobility), Alessandro Romele (XDS Astana), Alastair Mackellar (EF Education-EasyPost) et Fabian Weiss (Tudor). Le Suisse lâche prise dans la première ascension, le Puerto de Tarbena (km 36,7 / 7,2 km à 5,4 %), mais ses cinq ex-compagnons restent ensemble dans la montée.

Le peloton n’est qu’à 28 secondes au sommet, alors que les accélérations se multiplient pour tenter de rejoindre la tête de course. Un premier groupe fait grimper l’échappée à 15 unités avant le Puerto de El Miserat (km 73,9 / 5,2 km à 10 %). Premier au sommet, Santiago Buitrago (Bahrain Victorious) prend virtuellement la tête du classement de la montagne, en direction d’un maillot à pois qu’il endossera quelques heures plus tard. Les contres sont incessants à l’arrière, tandis que le Puerto de Tollos (km 90,7 / 4,1 km à 5,8 %) est avalé à son tour.

24 coureurs finissent par composer l’échappée avant le Puerto de Tudons (km 121,8 / 7 km à 5,3 %) : Finn Fisher-Black,  Gianni Vermeersch  (Red Bull-Bora-Hansgrohe), Pavel Sivakov, Kevin Vermaeke (UAE Emirates XRG), Bruno Armirail (Visma-Lease a Bike), Raul Garcia Pierna (Movistar), Walter Calzoni, Marcel Camprubi, Milan Vader (Pinarello-Q36.5), Embret Svestad-Bardseng (Netcompany Ineos), Santiago Buitrago, Attila Valter (Bahrain Victorious), Ramses Debruyne (Alpecin-Premier Tech), Alexey Lutsenko, Pau Marti (NSN), Valentin Paret-Peintre, Filippo Zana (Soudal Quick-Step), Andreas Kron, Magnus Cort (Uno-X Mobility), Stefan Küng (Tudor), Alessandro Romele (XDS Astana), Gijs Leemreize (Picnic PostNL), Urko Berrade (Kern Pharma) et José Manuel Diaz (Burgos-Burpellet-BH).

Les favoris bondissent dans la dernière ascension

Personne ne fait la différence dans la montée, et c'est finalement dans la descente que le scénario commence à bouger. Alessandro Romele fait parler sa technique et s’isole en tête. Marcel Camprubi est le premier à réagir, rejoint par Pavel Sivakov dans le Puerto de Benifallim (km 139,9 / 4,8 km à 5,8 %). Les deux hommes collaborent et finissent par reprendre l’Italien à 41 kilomètres de l’arrivée, mais surtout 19 kilomètres du pied de l’Alto de l’Aitana. Derrière, les Decathlon CMA CGM de Felix Gall relèvent les Movistar d’Enric Mas en tête de peloton, pointé à un peu moins de 6 minutes des leaders.

Le trio de tête entame l’ascension avec une minute et 20 secondes d’avance sur des poursuivants réduits à 15 unités. Trio qui devient duo après un peu plus de mille mètres de montée, Romele ne parvenant plus à suivre le rythme. Valentin Paret-Peintre, Filippo Zana (Soudal Quick-Step), Santiago Buitrago (Bahrain Victorious) et Milan Vader (Pinarello-Q36.5) prennent les deux leaders en chasse, et le quatuor se situe à une minute et 30 secondes à 15 kilomètres de la ligne.

Le rythme imposé par les Decathlon CMA CGM fait descendre dangereusement l’avance du duo de tête. Sentant l’étau se resserrer, Sivakov accélère à 10,3 kilomètres et s’isole en tête malgré la ténacité du champion d’Espagne, Camprubi. Mais derrière, les hommes du classement général ne cessent de se rapprocher et finissent par se porter en tête à 4,5 kilomètres du but. Les efforts de Sivakov lui valent néanmoins le prix de la combativité.

Enric Mas, leader consacré

Felix Gall lance les hostilités de ce qui devient un festival d’attaques à l’avant, avant d’autres offensives signées Santiago Buitrago ou Richard Carapaz (EF Education-EasyPost). Enric Mas répond à chaque fois et prend finalement ses responsabilités à trois kilomètres de l’arrivée. Oscar Onley (Netcompany Ineos) comble le trou, Primoz Roglic (Red Bull-Bora-Hansgrohe) aussi avant de céder derrière le duo hispano-britannique. Onley ne peut rien faire face à Mas, premier Espagnol vainqueur avec la Roja depuis Alberto Contador en 2014. Il signe aussi son deuxième succès sur la course, huit ans après avoir gagné en Andorre.

Les quatre premiers du jour sont aussi ceux du classement général, mais dans un ordre différent : Mas endosse sa deuxième Roja devant Roglic (+1'18"), Gall (+1'39") et Onley (+2'20") toujours porteur du maillot blanc.

Suivez-nous

Recevez des informations exclusives sur La Vuelta