Les stars de La Vuelta 26 ont été présentées jeudi à Monaco, à commencer par le double champion du monde en titre Tadej Pogacar, qui vit dans la Principauté. « C’est un rêve depuis des années », a déclaré le Slovène, dont l’objectif est de gagner le seul Grand Tour manquant à son palmarès. Pogacar fera notamment face à son compatriote slovène Primoz Roglic, quadruple vainqueur de La Vuelta. Richard Carapaz, Felix Gall et Mattias Skjelmose ont également dévoilé leurs ambitions au classement général à deux jours de la Gran Salida. Des chasseurs d’étapes comme Mads Pedersen, Wout van Aert et Kaden Groves sont aussi prêts à animer les trois semaines, faisant parler leur puissance et leur polyvalence de Monaco jusqu’à Grenade.
Pogacar vient réaliser « un rêve »
La Vuelta a été le premier Grand Tour disputé par Tadej Pogacar, qui a terminé 3e en 2019 avant son 21e anniversaire. Après cinq victoires sur le Tour de France et une sur le Giro d’Italia, il ne lui manque plus qu’un seul Grand Tour à son palmarès. Dans trois semaines, deviendra-t-il le neuvième coureur à avoir remporté les trois Grands Tours ? « C’est un rêve que je caresse depuis quelques années », confie le Slovène, qui s’apprête à prendre le départ de Monaco, où il réside, et à viser la victoire à Grenade, où il a l’habitude de s’entraîner.
« Je voulais faire la Vuelta depuis longtemps », explique Pogacar. « On en a parlé en décembre. J’avais vraiment envie d’y participer, notamment parce que le départ est à Monaco. Cette année était le moment idéal pour enchaîner le Tour de France et la Vuelta. C’était un délai assez court, mais je pense que c’était suffisant pour récupérer. » Depuis que la Vuelta se déroule en fin d'été, seul Chris Froome a réussi à remporter les Tours de France et d'Espagne la même année (2017).
« J'espère que mes jambes seront bonnes », déclare Pogacar, considéré comme le grand favori. « Il y a des coureurs vraiment bons au départ et la course s'annonce très difficile, donc la Vuelta sera un vrai défi. Je m'attends à ce que tous les participants soient en pleine forme. Il y a d'excellents coureurs et ce n'est jamais facile. »
Roglic : « Au lieu de me préparer, j’ai suivi une rééducation »
Tadej Pogacar a beau se tailler un palmarès unique dans l’histoire du cyclisme, son compatriote Primoz Roglic est de loin le champion présentant le meilleur bilan sur La Vuelta parmi les coureurs au départ de cette édition 2026 : quatre triomphes au classement général, agrémentées de 15 succès d’étapes et 2 victoires au classement par points. Sa première Vuelta, en 2019, coïncidait avec les débuts de Pogacar en Grand Tour. « C’est peut-être la dernière fois que je l’ai battu », s’amuse Roglic au moment d’épingler un dossard pour la première fois depuis les championnats de Slovénie, fin juin.
« Au lieu de me préparer, j’ai suivi une rééducation », a expliqué Roglic, qui a été percuté par une voiture alors qu’il s’entraînait fin juillet. « Enfiler mes chaussettes était la chose la plus difficile à faire il y a trois semaines. Je ne peux toujours pas m’allonger sur le côté droit, mais je suis suffisamment en forme pour prendre le départ de la Vuelta. » La star slovène a l’habitude de rebondir de manière spectaculaire après les revers les plus douloureux, comme en témoignent notamment ses victoires à La Vuelta quelques semaines après avoir abandonné le Tour en 2021 et 2024. « Au final, j’ai quand même réussi à m’entraîner un peu », dit-il avec son habituel sens de l’autodérision. « Pour les dix kilomètres à Monaco, ça devrait aller, mais ensuite, je verrai au jour le jour comment ça se passe. Je n'ai pas disputé de Grand Tour cette année, je suis content de faire une course plus longue. »
Tous contre Pogacar ? « Il est humain, mais c'est Tadej »
Deuxième en 2020, Richard Carapaz fait partie des meilleurs rivaux de Primoz Roglic lors des récentes éditions de La Vuelta. Après un Tour de France spectaculaire, où il a remporté deux étapes et le maillot à pois après de nombreuses offensives dans les montagnes, le grimpeur équatorien débarque avec de grandes ambitions à l’esprit. « Nous avons un objectif clair et c’est de nous battre pour le classement général », a affirmé le leader de l’équipe EF Education-EasyPost ce jeudi. « Nous savons que nous avons une bonne opportunité et nous ne voulons pas la manquer. Bien sûr, Tadej Pogacar est le meilleur coureur au monde et j’ai un grand respect pour lui. Je n’ai jamais été en mesure de me battre avec lui pour le général d’un Grand Tour, donc ce sera enthousiasmant pour moi. Je vais tout donner. Si on gagne, c’est bien, et si on termine deuxième ou troisième, ce n’est pas mal, pas vrai ? »
Tout comme Carapaz, Felix Gall (Decathlon CMA CGM) est prêt à se dresser sur ses pédales pour animer la course. « Je suis évidemment très content de la préparation et de la victoire à la Vuelta a Burgos », a déclaré le grimpeur autrichien, en quête d’un nouveau podium sur un Grand Tour après avoir terminé deuxième du Giro plus tôt cette saison. « Ça m’a donné beaucoup de confiance et de grandes attentes. En présence de Tadej, il va être difficile de se battre pour la victoire. J’imagine qu’il sera fatigué après le Tour. Il est humain, mais c’est Tadej. De toute façon, je peux simplement me concentrer sur moi et faire de mon mieux. Un nouveau podium serait formidable. Il y a plusieurs bons coureurs qui ont cette ambition avec Carapaz, Onley, Skjelmose, Roglic, Mas… »
Du spectacle sur tous les terrains : « C'est toujours un plaisir d'affronter Wout »
Mads Pedersen a beau avoir conquis le maillot vert du Tour de France, le dernier classement par points d’un Grand Tour qui lui résistait, il n’est toujours pas rassasié. Le voici de retour sur La Vuelta, où il a déjà remporté le maillot vert en 2022 et 2025. « Je dirais qu’on peut viser cinq à sept étapes », a déclaré le Danois de l’équipe Lidl-Trek, quadruple vainqueur d’étapes ici (3 en 2022, 1 en 2025), avant sa troisième participation. « Ce sera difficile, mais nous pensons que c’est une possibilité, sinon être ici n’aurait aucun sens. Il faudra parfois que je retrouve les jambes de grimpeur que j'ai eues durant le Tour de France. »
Grand spécialiste des Classiques, Pedersen se réjouit également de se mesurer à Wout van Aert : « C’est toujours un plaisir pour moi d’affronter un coureur de ce niveau. » Le Belge avait marqué de son empreinte l’édition 2024, avec trois victoires d’étapes et le port de La Roja et du maillot vert avant d’abandonner sur chute (16e étape). « Mon objectif, et celui de l’équipe, est de remporter le plus grand nombre d’étapes possibles », revendique la star belge. Les coureurs de Visma-Lease a Bike sont « là pour viser les étapes plutôt qu’un objectif clair au général », explique-t-il tout en se projetant vers La Roja à titre personnel : « Le contre-la-montre et la 2e étape peuvent être ma chance. Ce serait un rêve de porter ce maillot à nouveau. »
Doté de qualités similaires, Kaden Groves (Alpecin-Premier Tech) a gagné sept étapes sur La Vuelta, de même que le classement par points en 2023 et 2024. « La Vuelta est toujours un Grand Tour très difficile mais la course convient à mes caractéristiques », analyse l’Australien.
Des leaders espagnols en quête de sensations
À 36 ans, Mikel Landa traverse peut-être la plus difficile de ses saisons depuis qu’il est devenu professionnel en 2011, un an avant sa première participation à La Vuelta. « Je ne m’amuse jamais », a admis l’emblématique coureur basque, absent du Giro d’Italia et du Tour de France en raison de sa chute au Tour du Pays basque. Il se dirige maintenant vers son dernier Grand Tour avec la formation Soudal Quick-Step avant de retrouver le maillot orange d’Euskaltel-Euskadi en 2027. « Je reviens de tellement loin que quoi que ce soit me rendrait heureux. Survivons à la première semaine, puis on verra quels peuvent être nos objectifs sur cette Vuelta. Je veux juste courir et laisser le reste derrière moi. » Quelle version de Landa verra-t-on lors des trois prochaines semaines ? La question reste en suspens, mais il se projette déjà sur l’après : « Je veux à nouveau participer, avec une meilleure préparation et dans de meilleures conditions. »
Âgé de 31 ans, Enric Mas est un peu plus jeune et il s’est imposé comme un incontournable du podium de La Vuelta (2e en 2018, 2021 et 2022, 3e en 2024) mais des interrogations l’escortent au moment d’incarner les ambitions espagnoles pour le classement général. « C’est à La Vuelta que j’ai obtenu mes meilleurs résultats », se félicite le grimpeur de Movistar avant sa huitième participation. « On vient avec une équipe solide, avec des coureurs pour tous les terrains, pour les arrivées rapides, pour les chronos… Et puis il y a Cian [Uijtdebroeks] et moi. Je vais prendre les choses différemment parce ça fait deux ans que je n’ai pas disputé un classement général. Je vais y aller jour après jour pour comprendre où j’en suis, en espérant me sentir dans de meilleures dispositions à la fin de La Vuelta. »

