Il aura fallu presque trois heures pour que se forme l’échappée de la plus longue des 21 étapes de La Vuelta 26, dans la province de Malaga. Seize hommes ont finalement abordé ensemble l’ascension finale de Peñas Blancas (18,8 km à 6,5 %), juge de paix de la journée. Un quatuor s’en est allé sur les pentes, avec Santiago Buitrago (Bahrain Victorious) en favori. Troisième à Calar Alto, puis deuxième à Sierra de la Pandera, le maillot à pois rêvait d’une première victoire sur le Grand Tour espagnol. Il a porté son attaque à deux kilomètres du but et pensait avoir fait le plus dur. C’était sans compter sur Edward Dunbar (Pinarello-Q36.5), qui l’a déposé à 350 mètres de la ligne pour aller l’emporter. Deux ans après ses deux succès sur La Vuelta 24, l’Irlandais renoue avec la victoire devant le Colombien et Thomas Gloag (Pinarello-Q36.5). Cinq minutes plus loin, Primoz Roglic (Red Bull-Bora-Hansgrohe), Felix Gall (Decathlon CMA CGM) ou encore Richard Carapaz (EF Education-EasyPost) ont échoué à faire craquer Enric Mas (Movistar), toujours solide leader du classement général à deux jours de l’arrivée.
La montagne est de retour sur La Vuelta 26 après quelques étapes relativement plates, et un contre-la-montre individuel (El Puerto de Santa Maria > Jerez de la Frontera) où Primoz Roglic (Red Bull-Bora-Hansgrohe) est devenu le nouveau dauphin d’Enric Mas (Movistar), 1’37” derrière. Au menu du jour : 4 052 mètres de dénivelé positif à gravir sur les 210,8 kilomètres (la plus longue étape) séparant Vélez-Malaga et Penas Blancas (Estepona). L’arrivée est placée au sommet de la troisième et dernière ascension, longue de 18,7 kilomètres à 6,5 % (+1 216 mètres), et où ont déjà gagné le Tchèque Leopold König (2013) et l’Équatorien Richard Carapaz (2022). Une nouvelle étape pour l’échappée ? Une explication entre les hommes du classement général ? Et pourquoi pas les deux ?
Presque trois heures pour la formation de l’échappée
146 cyclistes prennent le départ, en l'absence de Stefan Küng (Tudor), vainqueur la veille, et Yevgeniy Fedorov (XDS Astana). Une intense bataille est lancée dès les premiers kilomètres, et il en faut soixante pour que se forme une première échappée composée d'Ivo Oliveira, Kevin Vermaerke (UAE Emirates-XRG), Steven Kruijswijk (Visma-Lease a Bike), Bastien Tronchon (Groupama-FDJ United), Tobias Johannessen, Andreas Leknessund (Uno-X Mobility) et Jasha Sütterlin (Jayco-AlUla). Ils entament l'ascension du Puerto de las Abejas (km 91 / catégorie 2) avec moins d'une minute d'avance sur un peloton, emmené par les coureurs de l'équipe EF Education-EasyPost. Les contre-attaques ne cessent de fuser, les écarts restent faibles et le scénario incertain lorsque les coureurs abordent le Puerto del Viento (km 111,3 / catégorie 2).
L'Irlandais Edward Dunbar (Pinarello-Q36.5) rattrape le groupe de tête puis s’en extirpe pour atteindre le sommet en solitaire. Derrière, les offensives se multiplient et celle de l'Équatorien Richard Carapaz (EF Education-EasyPost), 4e du classement général, ne passe pas inaperçue. L’échappée définitive se forme enfin après presque trois heures de combat intense. Elle comprend Vermaerke (UAE Emirates XRG), Pablo Castrillo (Movistar), Marcel Camprubi, Edward Dunbar, Thomas Gloag (Pinarello-Q36.5), Santiago Buitrago, Pau Miquel (Bahrain Victorious), Guillaume Martin-Guyonnet, Rudy Molard, Tronchon (Groupama-FDJ United), Leknessund (Uno-X Mobility), Sergio Samitier (Cofidis), Darren van Bekkum (XDS Astana), Chris Hamilton (Picnic-PostNL), Urko Berrade et Mats Wenzel (Kern Pharma).
Peñas Blancas en juge de paix
L’avance des 16 hommes de tête sur le peloton grimpe rapidement alors que les coureurs foncent dans la descente. Elle est de sept minutes au passage du sprint intermédiaire d’Estepona (km 186,1), et sensiblement identique au moment où les coureurs attaquent l’ascension finale. Rudy Molard place la première accélération et commence à faire la sélection à l’avant. Au même moment, les Red Bull-Bora-Hansgrohe de Primoz Roglic prennent le contrôle du peloton et affichent leurs intentions face aux Movistar d’Enric Mas.
Pau Miquel prend le relais et lance son leader Santiago Buitrago à 13,5 kilomètres du sommet. Le maillot à pois est immédiatement pris en chasse par Thomas Gloag, lequel est rejoint par Edward Dunbar. Urko Berrade fait la jonction à 11,5 kilomètres du but, convertissant le groupe de tête en un quatuor. Leur rythme est trop élevé pour permettre à Pablo Castrillo, Andreas Leknessund et Marcel Camprubi de revenir malgré leur contre-attaque.
La troisième de Dunbar plutôt que la première de Buitrago
Troisième à Calar Alto, deuxième à Sierra de la Pandera, Santiago Buitrago veut aller cueillir sa première victoire sur La Vuelta. Il s’isole à deux kilomètres de l’arrivée et semble parti pour foncer seul vers la ligne. Edward Dunbar frustre finalement ses espoirs en le rejoignant à 400 mètres de l’arrivée, puis en attaquant 50 mètres plus loin. Deux ans après ses deux succès sur l’édition 2024, l’Irlandais, qui n’avait plus rien gagné depuis, s’offre un troisième bouquet sur le Grand Tour espagnol. Buitrago (+14”) et Thomas Gloag (+23”) complètent le podium du jour.
Celui du classement général ne change pas malgré les efforts de Primoz Roglic (Red Bull-Bora-Hansgrohe), Felix Gall (Decathlon CMA CGM) ou encore Richard Carapaz (EF Education-EasyPost) pour faire craquer Enric Mas (Movistar). L’Espagnol abordera la 20e et avant-dernière étape – mais aussi la dernière sévèrement montagneuse – avec 1’37” d’avance sur Roglic et 3’01” sur Gall.

