Placée entre deux étapes de montagne, la huitième journée de La Vuelta 26 devait être relativement tranquille. Elle restera dans les mémoires comme l’une des plus bouleversantes de cette 81e édition : celle de l’abandon du leader Tadej Pogacar (UAE Emirates XRG), ensanglanté après être tombé à 33 kilomètres de l’arrivée. Le Slovène, qui n’avait jamais quitté une course à étapes chez les professionnels, est le premier porteur de la Roja à se retirer depuis Igor Anton en 2010. La première surprise du jour, triste, a été suivie d’une autre, elle plus heureuse : la victoire de Bryan Coquard (Cofidis), d’un souffle Mads Pedersen (Lidl-Trek) et Jordi Meeus (Red Bull-Bora-Hansgrohe). À 34 ans, le sprinteur français gagne pour la première fois sur un Grand Tour, le jour de sa 205e étape. Enric Mas (Movistar) devient le nouveau leader d’un classement général chamboulé et relancé.
« Seulement » 1 281 mètres de dénivelé positif entre Puçol et Xeraco, lors d’une journée longue de 171 kilomètres : entre deux étapes montagneuses (7 et 9), une bouffée d’air est accordée au peloton dans la province de Valence. Si une ascension répertoriée – le Puerto de Barx – est située à 27,4 kilomètres de l’arrivée, sa difficulté (4,7 km à 5,6 %) n’est a priori pas de taille à chambouler le scénario promettant un sprint massif. A priori, car en cyclisme, les certitudes n’existent pas. Et cette 8e étape s’apprête à le rappeler, mais d’une bien triste manière.
Sinuhé Fernandez fait briller ses couleurs
Déjà échappé lors de la 2e étape entre Monaco et Manosque, Sinuhé Fernandez (Burgos-Burpellet-BH) attaque dès le premier kilomètre de course… et il est le seul à le faire. À l’image de Baptiste Veistroffer (Lotto Intermarché) sur le Tour de France un mois plus tôt, l’Espagnol s’en va pour un raid solitaire. « Il faut mettre en valeur l’équipe », confiait-il à notre micro au départ. Mission accomplie pour l’homme qui dispute sa deuxième Vuelta.
Son avance sur le peloton grimpe jusqu’à 5 minutes et 50 secondes, mais le souhait de Wout van Aert (Visma-Lease a Bike) de renforcer son maillot vert au sprint intermédiaire de Simat de la Vadigna (km 127,4) condamne son échappée à cinq kilomètres de la ligne. Comme prévu, le Belge empoche les 20 points alors que le peloton se dirige vers le Puerto de Barx... que le leader du classement général, Tadej Pogacar (UAE Emirates XRG), n’atteindra pas.
Tadej Pogacar abandonne
Tombé à 33 kilomètres de l’arrivée, le Slovène se relève ensanglanté. Attendu par quatre membres de son équipe, il tente de repartir mais la douleur est trop forte. Lui qui n’avait jamais abandonné une course à étapes depuis ses débuts chez les professionnels, devient le premier leader de La Vuelta à quitter la course depuis Igor Anton en 2010 (14e étape). Secoué, le peloton franchit le Puerto de Barx sans que personne ne tente quoi que ce soit.
Xabier Azparren (Pinarello-Q36.5) passe à l’offensive dans la descente et prend jusqu’à 22 secondes d’avance sur la meute. Le vice-champion d’Espagne du contre-la-montre fait durer le bras de fer jusqu’à 1,5 kilomètre de l’arrivée, avant d’être avalé par les hommes qui tentent de placer leurs sprinteurs. Les Netcompany Ineos travaillent pour Ben Turner, les Visma-Lease a Bike pour Matthew Brennan déjà vainqueur à Manosque et Roquetes.
Bryan Coquard, première le jour de sa 205e étape !
Une chute derrière les hommes de tête chamboule le sprint final, que Mads Pedersen (Lidl-Trek) semble parti pour remporter… avant d’être devancé sur la ligne par Bryan Coquard (Cofidis). À 34 ans, le Français décroche sa toute première victoire sur un Grand Tour, lors de sa 205e étape dans ce format. Pedersen et Jordi Meeus (Red Bull-Bora-Hansgrohe) complètent le podium du jour.
Celui du classement général est désormais dominé par Enric Mas (Movistar) qui devient le premier Espagnol à mener La Vuelta depuis Jesus Herrada en 2018, avant une étape 9 qui pourrait être décisive avec plus de 5 000 mètres de dénivelé au programme.

