Tadej Pogacar (UAE Emirates XRG) ne laisse passer aucune opportunité de victoire sur La Vuelta 2026. Après Monaco et Andorre-la-Vieille, le porteur de la Roja avait pour projet de gagner à Castello en attaquant dans la dernière ascension, le Puerto El Bartolo. Il s’y est porté en tête alors que l’asphalte disparaissait pour faire place à la terre, et tout se déroulait comme prévu... jusqu’à ce qu'Enric Mas (Movistar) ne le rejoigne en toute fin de montée. Enfin retrouvé, l'Espagnol rêvait d'un retour au sommet, huit ans après sa première (et seule) victoire sur la course. Le Slovène a brisé ses espoirs en le devançant dans le sprint final. « Pogi » décroche ainsi son sixième bouquet sur La Vuelta et devient le premier coureur à gagner trois des six premières étapes depuis Oscar Freire en 2007. Mas se console en devenant son dauphin au classement général (+3'34"), dépassant Primoz Roglic (+4'21") arrivé dans le groupe des poursuivants, à 46 secondes des deux hommes.
La première journée favorable à une échappée sur La Vuelta 26 ? Telle est la question qui anime les débats au départ de d'Alcossebre, de retour sur la carte de la course neuf ans après avoir accueilli l'arrivée de la 5e étape, remportée par Alexey Lutsenko (NSN). Les 180 coureurs au départ ont 177,5 kilomètres à parcourir, marqués par 3 094 mètres de dénivelé positif, pour rallier Castello. Quatre ascensions répertoriées promettent de pimenter la course. « Il y aura une longue bataille pour l’échappée », annonce le Britannique Jack Haig (Netcompany Ineos) au départ. Il n'a pas tort.
Une échappée qui tarde à se former
Les premières offensives ne donnent rien, jusqu’à ce qu’Alexey Lustenko ne parvienne à s'extirper du peloton. Le champion du Kazakhstan est rejoint par le jeune français Léo Bisiaux (Decathlon CMA CGM), puis l’Italien Walter Calzoni (Pinarello-Q36.5) au début de la montée du Puerto de la Serratella (14 km à 3,8 %). Leur tentative est finalement neutralisée par le peloton, qui atteint le sommet (km 44,6) groupé, avec Santiago Buitrago (Bahrain Victorious) en tête pour les 5 points au classement de la montagne.
La bagarre pour l'échappée continue dans la descente, puis dans la montée vers le Coll de la Bandereta (4,6 km à 6,7 %). George Bennett (NSN), Andreas Kron (Uno-X Mobility) et Gijs Leemreize (Picnic PostNL) parviennent à faire une différence, avant que Buitrago ne vienne les renforcer. Les quatre hommes franchissent la Bandereta (km 66,1) avec 14 secondes d’avance sur le peloton. Leur initiative entraîne une contre-attaque derrière eux.
Seize en tête, mais peu d'avance
Douze coureurs parviennent à rattraper le quatuor et font grimper le groupe de tête à 16 unités. On y trouve six vainqueurs sur les Grands Tours : outre Buitrago et Kron figurent Wout van Aert (Visma-Lease a Bike), Pello Bilbao (Bahrain Victorious), Patrick Konrad (Lidl-Trek) et Urko Berrade (Kern Pharma). La montre grimpe jusqu’à 2 minutes et 35 secondes d’avance à l’approche du sprint intermédiaire de Benicassim (km 122,1), remporté par Van Aert qui prend la 2e place provisoire au classement par points. Il ne le sait pas encore à ce moment, mais cela lui assurera d'être porteur du maillot vert demain.
José Manuel Diaz (Burgos-Burpellet-BH) se distingue en conquérant l’Alto del Desierto de las Palmas (8 km à 4,9 % / km 128,5), mais personne ne fait la différence sur ces pentes. Rendez-vous est donc pris dans la quatrième ascension catégorisée, la plus exigeante : le Puerto El Bartolo (9,4 km à 7,1 %), qui comprend des pentes à 20 % et une partie en terre. Le peloton l’entame à une minute et 30 secondes d’une échappée réduite à 14 unités.
Mas va chercher Pogacar
Bien emmené par ses coéquipiers depuis le départ, Tadej Pogacar (UAE Emirates XRG) passe à l’attaque à 4 kilomètres du sommet. Le Slovène lâche ses adversaires et reprend un à un les échappés, jusqu’à Ramses Debruyne (Alpecin-Premier Tech) qu’il dépasse pour se porter en tête de l’étape dans la section en terre. Vers un nouveau raid solitaire victorieux ? Enric Mas (Movistar) ne l’entend pas de cette oreille.
Deux jours après s’être distingué à Andorre, l’Espagnol rejoint « Pogi » et le dépasse même en toute fin de montée, à 20,7 kilomètres de l’arrivée. Le porteur de la Roja reprend les commandes dans la descente, mais tire tout-droit et manque de tout perdre. Les deux hommes collaborent ensuite pour résister au retour de Primoz Roglic (Red Bull-Bora-Hansgrohe), Felix Gall (Decathlon CMA CGM) et Debruyne, rejoints par Richard Carapaz (EF Education-EasyPost) et Harold Tejada (XDS Astana).
Et de six pour « Pogi »
Plus fort au sprint à Castello, Tadej Pogacar l’emporte et décroche sa sixième victoire sur La Vuelta, devenant aussi le premier à gagner trois des six premières étapes depuis Oscar Freire en 2007. Deuxième du jour, Enric Mas passe tout proche d'une deuxième victoire en carrière sur La Vuelta. Il se console en devenant le dauphin du Slovène au classement général (+3'34") puisqu’il dépasse Primoz Roglic (+4'21"). Suivent Richard Carapaz (+4'50") et Felix Gall (+4'55"), les derniers à moins de 5 minutes du leader.

